HANNA
De Joe Wright
(USA/Angleterre/Allemagne – 2011)
Avec Saoirse Ronan, Eric Bana, Cate Blanchett, Jason Flemyng
Genre : action/aventures/espionnage / 1h50
Sortie cinéma : 6 juillet 2011
Oyez…Oyez… !
Qu’on se le dise, les films d’actions testostéronés ne sont plus l’apanage des machos bodybuildés. Depuis les James Bond girls, parmi lesquelles certaines mettent la misère à un 007 parfois dépassé, où encore l’apparition de combattantes chinoises aussi charmantes que souvent fatales et mortelles (Michelle Yeoh fût probablement la première avec le sublime Tigre & Dragon, bien avant les très mignonnes Zhang Ziyi et Maggie Q), le cinéma enrichit sa galerie de wonder-women à faire trembler les meilleurs combattants masculins…Jason Bourne n’a qu’à bien se tenir. Si ces dernières décennies c’était Geena Davis (Au revoir à jamais) ou Angelina Jolie qui s’y collaient (dans une moindre mesure Lara Croft, ou plus récemment Salt), on a vu débarquer des femmes au caractère bien trempé. Que ce soit chez Besson (Nikita/Leon/Jeanne d’Arc/Le cinquième élément), Tarantino (la mariée dans Kill Bill) ou les plus prosaïques, mais néanmoins charmantes Rhona Mitra (Doomsday) ou Kate Beckinsale (Underworld), où la toute récente Zoë Saldana (Colombiana) le cinoche en général enrichit encore aujourd’hui sa galerie d’un nouveau personnage, intéressant à plus d’un titre…Hanna.
Jeune fille élevée dès son plus jeune âge aux techniques de combat, maniement des armes (blanches ou a feu)
dans un environnement hostile (très beaux paysages finlandais au début du film) par un père dont on sent un indéniable côté agent secret…cette dernière sera l’instrument de vengeance d’un père (Eric Bana) qui faisait partie d’un projet gouvernemental avorté de manière brute, visant à créer génétiquement des combattants parfaits.
Multilingue, très éduquée sur un monde qu’elle ne connaît pourtant pas, elle va découvrir ce dernier tout en exécutant la mission que lui a confié son père…tuer la responsable de la mort de sa mère. J’ai bien dit LA responsable. Encore une femme qu’il ne vaut mieux pas chatouiller trop longtemps. Cette dernière, est interprétée par une Cate Blanchett volontairement froide et manipulatrice.
Maintenant que le décor et l’ambiance sont plantés, parlons du film…Porté par Saoirse Ronan, la révélation grand public de Peter Jackson dans son noir, mais sublime Lovely Bones, le film est beaucoup de choses à la fois…tantôt très rythmé dans les scènes de combat, tantôt plus calme avec des scènes tirant sur la comédie, tantôt intimiste quand notre jeune héroïne découvre l’amitié avec une jeune touriste française, le tout porté par une partition techno (The Chemical Brothers), l’ensemble se révèle aussi surprenant, que bizarre, et quelque peu dérangeant.
Si la première demi-heure est très visuelle, avec de superbes paysages enneigés, le reste du film est somme toute très différent. Pas inintéressant car, certaines scènes sont percutantes et très techniques…à ce titre la scène de combat sur le port avec les containers cargo à dû être un véritable cauchemar logistique car tournée en un long plan séquence très maîtrisé (le réalisateur avait déjà fait de même dans son précédent film Reviens-moi, déjà avec Saoirse Ronan), donc très réussi.
Mais au final, on reste dubitatif devant la finalité de l’histoire, cette dernière étant alourdie de personnages à la limite du caricatural parfois.
Mais personnellement, je suis quand même resté admiratif du charisme de la jeune actrice au regard envoûtant (c’est pas possible des yeux pareils !!!) et à la fragilité paradoxale, qui contraste violemment avec ses capacités de tueuse implacable.
Saoirse Ronan, si elle choisit bien ses films, deviendra, à n’en pas douter, une bonne actrice capable de grandes
choses. Après Jackson elle tourne avec l’australien Peter Weir dans Les chemins de la liberté. Et la liberté, elle semble pour le moment la connaître, puisque son prénom signifie "liberté" en irlandais. Gageons qu'elle saura la garder.
Si ce film reste en demi teinte (superbe réalisation assez stylisée…trop parfois peut-être, mais scénario et personnages pas très aboutis, musique qui peut paraître trop originale, et pas assez conventionnelle) , elle n’en est qu’au début de sa carrière, et nous prouve néanmoins sa capacité d’adaptation à un film qui aurait gagné à plus de simplicité dans sa narration, avec moins d’extravagances visuelles (ça fait très clip vidéo par moments, surtout avec de la techno parfois abrutissante) qui desservent un film qui aurait pu donner quelque chose de très bon avec un réalisateur plus expérimenté.
Pas un chef-d’œuvre, mais pas une sombre bouse non plus, le film possède autant d’atouts (Saoirse Ronan, des plans parfois très maîtrisés), que de défauts (un jeu d’acteurs chez les « méchants » limite ridicule, une bande son pour moi inadéquate).
Un film qui remplit néanmoins son quota de divertissement. 13/20






