JERICHO
De Stephen Chbosky, Jon Turteltaub
Avec : Skeet Ulrich, Lennie James, Ashley Scott
USA / 2006-2007
genre : Drame/Suspens / 29x42 mn
Et si, du jour au lendemain, le monde que vous connaissiez devait faire inexorablement partie du passé…
Si, par un beau matin, un champignon atomique venait obscurcir votre horizon…
Si, par la suite, vous étiez dans l’ignorance la plus complète sur cette nouvelle terrifiante…
Et si votre futur n’était désormais que peur, paranoïa, affrontements fratricides, et survie sur des terres dont vous ne savez pas si la radioactivité peut ou non, vous faire consommer ses produits….
C’est un peu ce que la série vous propose de vivre, au travers de ses 29 épisodes (soit un peu moins d’une saison et demie), en compagnie des habitants de cette petite ville en plein cœur des Etats-Unis. En effet, la série, arrêtée au beau milieu de la seconde saison traite avec un rare discernement, des conséquences directes d’une explosion atomique, et de la pagaille que cela ne manque pas d’entraîner parmi une population isolée, et manquant peu à peu des ressources les plus vitales.
Absence d’informations nationales (s’agit-il d’un accident, d’une attaque terroriste…ou d’une guerre tout simplement ?), épuisement progressif des ressources principales (électricité fournie par un groupe électrogène, ce dernier fonctionnant à l’essence, nourriture, chauffage…), instauration d’un rationnement alimentaire lié aux cycles des récoltes, et d’un système de troc pour ce qui concerne la nourriture, et l’apparition des premiers signes de paranoïa…prémices d’un basculement dans une folie qui va devenir ravageuse et meurtrière, envers des villages voisins, ou des étrangers rescapés dont on ne sait plus s’ils sont amicaux ou belliqueux…sans compter un scénario qui fait planer l’ombre d’un gigantesque complot gouvernemental propre à réveiller le cauchemar des attaques terroristes du 11 septembre 2001.
Et c’est probablement pour cela que la série à été stoppée au bout d’à peine 30 épisodes. Les américains semblent en effet mettre désormais de côté tout ce qui leur rappelle leur propre histoire…que ce soit avec les attentats du World Trade Center, et la guerre, encore active au Moyen-Orient, qui en découla. Le film d’Oliver Stone n’a pas été un grand succès…La série Over There a subi elle aussi la volonté du peuple américain de laisser dans l’ombre les mensonges d’un gouvernement et le sacrifice de milliers de soldats dans une guerre que la plupart du peuple américain considère, à juste titre, comme un nouveau Viêtnam.
C’est un peu ici la même chose, mais à un degré supplémentaire, car il ne s’agit pas de guerre avec un autre pays mais de quelque chose de bien plus machiavélique. Une nouvelle guerre civile… américains contre américains…
Remettant en avant la corruption d’un état n’ayant presque plus rien d’humain, la série nous fait vivre le pire comme le meilleur, en nous faisant vivre le quotidien de personnages, pour la plupart attachants, mais pour d’autres inquiétants, voire inhumains.
Si dans les années 80 un film abordait le sujet (L’aube rouge de John Milius) il ne faisait qu’effleurer finalement la survie d’un groupe de patriotes. Ici les enjeux sont énormes, et les frictions nombreuses, intenses et prenantes.
La tension est progressive, au fur et à mesure que les informations arrivent, et la série va très loin dans les conséquences d’un tel évènement. Coté réalisation, la série est orchestrée par Jon Turtletaub (Rasta rockett, Phénomène, Instinct),qui signe la production et la réalisation des deux premiers épisodes.
Côté acteurs, pas de figures emblématiques, et les plus connus d’entre eux sont Skeet Ulrich (Scream, 50° farenheit), Pamela Reed (L’étoffe des héros, L’échange) et le trop rare James Remar (Les guerriers de la nuit, Opération Shakespeare) peu présent, malgré un charisme indiscutable.
Malgré l’absence de star véritable, l’interprétation est d’un niveau tel, qu’on ne peut se rendre à l’évidence que les américains sont vraiment les maîtres dans ce domaine. Rien que dans cette série, il y a un vivier de talents incroyables. Grâce à une réalisation nerveuse et des maquillages tout à faits réussis (saleté, fatigue, blessures…), le moindre acteur de cette série nous livre une prestation des plus remarquable de justesse et de sensibilité.
Une excellente série donc, qui a réussi à me tirer quelques frissons, que ce soit dans les nombreuses scènes de guerre fratricides ou dans les moments intimistes, entre amis et frères, entre amants ou parents, même si elle n’évite pas les classiques histoires d’amours qui font trois tours et se défont.
Si la série reste très américaine dans le comportement fier de ses personnages (au lendemain de la bombe, ils organisent un barbecue géant pour ne pas perdre la viande qu’ils ne peuvent plus conserver), elle n’en reste pas moins représentative de ce que sait faire ce grand pays, dans un scénario qui, s’il n’évite pas certains clichés manichéens, est toutefois très efficace et prenant. A voir. 17/20
Un aperçu de la série...ICI
LES PILIERS DE LA TERRE
(The pillars of the Earth)
De Sergio Mimica-Gezzan
Avec Ian McShane, Rufus Sewell, Matthew McFadyen, Donald Sutherland
Production : Canada/Allemagne
Genre : Historique/Drame – 8x 50 mn (2010)
Première diffusion en France le 09 décembre 2010
Passion et complots dans l’Angleterre du XIIème siècle. Maud, la fille du monarque Henri 1er, se dispute la succession au trône avec son cousin, Stephen. Une lutte de pouvoir qui cause des tensions et déchire le royaume. L’évêque Waleran Bigod et les Hamleigh en profite pour tirer avantage de la situation et satisfaire leurs propres ambitions. Au milieu de cette guerre, le Prieur Philip doit surmonter les innombrables obstacles pour assurer la construction de la cathédrale de Kingsbridge. Face à l’ampleur de la tâche, il peut heureusement compter sur le maître-maçon Tom Builder, son beau-fils Jack, et jeune Aliena. Ensemble, ils vont se serrer les coudes pour concrétiser leur rêve…
A l’instar de ROME, autre série historique romancée, Les piliers de la Terre est une série qui n’a pas su toucher le public américain. En a résulté l’arrêt de la série après seulement huit épisodes…ce qui a forcé les scénaristes à compiler le livre dont la série à été tirée.
Malgré cela, avec le temps, la série acquiert un statut mérité d’évènement, car si les américains n’ont pas su y voir une série digne d’intérêt, en France, notre passé médiéval parle plus aux spectateurs, et la série récolte beaucoup d’éloges sur des critiques pour le moins très honorables.
Nous voici donc replongés en plein Moyen-âge, avec son lot de complots, de trahisons, de meurtres et bien sûr scènes de batailles sanglantes…époque essentiellement marquée par l’obscurantisme religieux faisant de l’Eglise une puissance au moins aussi forte et avide de pouvoir que celle des rois. Les piliers de la Terre se démarquera donc, essentiellement par un casting éblouissant qui relève le classicisme de son récit, il est vrai déjà vu ailleurs et en mieux (Braveheart, Kingdom of heaven ou encore Le nom de la rose).
Les décors, et les effets spéciaux font donc très TV, mais sont toutefois loin d’être déshonorants, bien au contraire. Le principal défaut de la série sera sans doute un manichéisme exacerbé sans véritable nuance…en effet, les « gentils » sont très gentils (et donc forcément très attachants) et les « méchants » très méchants (et donc très haïssables) ce qui fait que presque aucune surprise ne vient agréablement pimenter l’intérêt du spectateur, si ce n’est le sacrifice de quelques personnages que l’on croyait pourtant essentiel à l’histoire…ce qui ajoutera à la confusion de nos sentiments quant à cette série que l’on tour à tour vraiment envie d’aimer, ou de juger tout ce qu’il y a de plus commun. Mais comme je l’ai dit plus avant, son casting reste tout simplement exceptionnel, avec des quasi inconnus mais qui possèdent une prestance et surtout une présence à l’écran indéniablement passionnantes. Que ce soit les bons ou les mauvais, les acteurs qui les incarnent sont tout simplement envoûtants de par leurs regards, leurs postures, et l’implication dont ils font preuve pour leur rôle. De ce côté-là, c’est donc une totale réussite, qui confère à cette série, produite par les frères Scott (Ridley & Tony bien sûr…pas ceux de la série homonyme pour ados), un véritable intérêt visuel. Sans compter que la postproduction est d’un excellent niveau, ce qui n’est pas toujours le cas sur les séries télé.
Le réalisateur, tout de même premier assistant réalisateur de Spielberg, oscille entre sobriété des plans et intensité des batailles, privilégiant par ailleurs le regard de ses acteurs, je le répète…fort bien choisis.
Coup de cœur pour les personnages du prieur Philip brillamment incarné par Matthew McFadyen (déjà vu dans le Robin des bois de Scott) et Aliena (Hayley Atwell) aussi belle qu’intelligente et d’une loyauté indéfectible. Mais tous les autres ne déméritent pas…Au final, si les premiers épisodes posent les jalons d’une histoire aux nombreux personnages, mais sans réelle innovation, c’est avant tout la qualité de son casting et l’interprétation très professionnelle de ses non moins nombreux acteurs qui font de cette série une très agréable expérience télévisuelle. 17/20
Petite galerie des acteurs de la série...La bande-annonce, plus bas, vous donnera un très bon aperçu de la qualité de la série, et vous montrera par ailleurs un peu plus des décors, qu'ils soient naturels, ou studio...
Prieur Philip (Matthew McFadyen)
Aliena, fille de Bartholomew (Hayley Atwell)
Tom le bâtisseur (Rufus Sewell)
évêque Walerand Bigod (Ian McShane)
Jack Jackson (Eddie Redmayne)
Roi Stephen (Tony Curran)
Bartholomew comte de Shiring (Donald Sutherland)
Alfred, fils de Tom le bâtisseur (Liam Garrigan)
Reine Maud, fille d'Henry 1er (Allison Pill)
William Hamleigh (David Oakes)
Frère Remigius (Anatole Taubman)
Ellen, mère de Jack Jackson (Natalia Wörner)
Walter (Götz Otto)
Lady Regan Hamleigh, mère de William (Sarah Parish)
Richard de Shiring, frère d'Aliéna (Sam Claflin)
Aliena (Hayley Atwell)
Prieur Philip (Matthew McFadyen)
Les bâtisseurs
Pour la bande-annonce...c'est par ICI













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